Relocalisation avec un enfant

Relocation With a Child

Peut-on déménager avec son enfant après une séparation?

Can you move with your child after a separation?

Après une séparation ou un divorce, il est fréquent qu'un parent souhaite déménager afin de se rapprocher de sa famille, d'accepter un nouvel emploi, de poursuivre des études ou de refaire sa vie.

Toutefois, lorsqu'un enfant est concerné, un déménagement important ne peut pas toujours être décidé unilatéralement.

Si le projet de déménagement risque d'avoir un impact important sur le temps parental de l'autre parent ou sur les relations de l'enfant avec celui-ci, il peut constituer une relocalisation au sens de la Loi sur le divorce ou entraîner l'intervention du tribunal.

Qu'est-ce qu'une relocalisation?

Une relocalisation ne dépend pas uniquement de la distance parcourue.

Il s'agit d'un déménagement qui aura un impact important sur la vie de l'enfant, notamment sur :

  • son temps parental;
  • ses relations avec l'autre parent;
  • sa fréquentation scolaire;
  • ses activités;
  • ses liens avec sa famille élargie;
  • son mode de vie.

Ainsi, un déménagement de quelques dizaines de kilomètres peut parfois constituer une relocalisation, alors qu'un déménagement plus éloigné pourrait ne pas avoir d'incidence importante selon les circonstances.

Un parent peut-il déménager librement?

Oui... mais pas nécessairement avec l'enfant.

Chaque parent demeure libre de choisir son lieu de résidence.

En revanche, lorsqu'il souhaite déménager avec l'enfant et que ce déménagement modifiera de façon importante les modalités de temps parental ou la relation entre l'enfant et l'autre parent, des règles particulières s'appliquent.

Dans plusieurs situations, l'accord de l'autre parent ou une décision du tribunal sera nécessaire avant que la relocalisation puisse avoir lieu.

L'intérêt de l'enfant demeure le seul critère

Comme pour toutes les décisions relatives aux enfants, le tribunal ne cherche pas à déterminer ce qui est préférable pour les parents.

La seule question est :

Cette relocalisation est-elle dans le meilleur intérêt de l'enfant?

Chaque dossier est unique.

Le tribunal ne favorise ni automatiquement le parent qui souhaite déménager ni celui qui s'y oppose.

Les facteurs analysés par le tribunal

Lorsqu'il doit décider si une relocalisation doit être autorisée, le tribunal peut notamment considérer :

  • les besoins de l'enfant;
  • son âge;
  • ses liens avec chacun de ses parents;
  • la qualité de la relation parent-enfant;
  • son adaptation à son milieu de vie actuel;
  • son école;
  • ses activités;
  • sa famille élargie;
  • les raisons motivant le déménagement;
  • les avantages que la relocalisation procurerait à l'enfant;
  • la possibilité de maintenir une relation significative avec l'autre parent;
  • les coûts et les modalités des déplacements;
  • la proposition de nouveau calendrier de temps parental;
  • la capacité des parents à favoriser les relations de l'enfant avec l'autre parent.

Aucun de ces facteurs n'est déterminant à lui seul.

Le tribunal évalue l'ensemble de la situation afin de déterminer ce qui servira le mieux l'intérêt de l'enfant.

Les raisons du déménagement

Le parent qui souhaite déménager peut avoir de nombreuses raisons légitimes, par exemple :

  • une nouvelle offre d'emploi;
  • de meilleures conditions financières;
  • un retour aux études;
  • la proximité de sa famille;
  • une nouvelle relation conjugale;
  • un coût de la vie moins élevé;
  • un meilleur environnement pour élever l'enfant.

Le fait qu'un parent souhaite améliorer sa qualité de vie ne garantit toutefois pas que le tribunal autorisera la relocalisation.

La question demeure toujours de savoir si ce changement est dans l'intérêt de l'enfant.

Le maintien des liens avec l'autre parent

Le tribunal accordera une importance particulière au maintien d'une relation significative entre l'enfant et chacun de ses parents.

Lorsque la relocalisation est autorisée, il est fréquent que les modalités de temps parental soient entièrement réorganisées.

Par exemple :

  • des périodes plus longues durant les vacances;
  • la totalité ou une partie des congés scolaires;
  • des communications vidéo régulières;
  • un partage différent des périodes de Noël et des vacances estivales.

Le tribunal peut également répartir les frais de déplacement entre les parents.

Le préavis de relocalisation

Lorsqu'une ordonnance est rendue en vertu de la Loi sur le divorce, le parent qui souhaite procéder à une relocalisation doit généralement transmettre un préavis écrit au moins 60 jours avant le déménagement projeté.

Ce préavis doit notamment indiquer :

  • la date prévue du déménagement;
  • la nouvelle adresse;
  • les coordonnées du nouveau lieu de résidence;
  • une proposition de nouvelles modalités de temps parental.

Le parent qui s'oppose à la relocalisation dispose généralement de 30 jours pour présenter son opposition selon les modalités prévues par la loi.

Peut-on déménager avant que le tribunal rende sa décision?

En règle générale, lorsqu'une opposition est présentée, il est préférable d'attendre qu'une décision soit rendue avant de déménager avec l'enfant.

Un déménagement effectué sans respecter les règles applicables ou contrairement à un jugement peut avoir des conséquences importantes lors de l'analyse du dossier.

Que se passe-t-il si les parents sont d'accord?

Lorsque les deux parents consentent au déménagement, ils peuvent conclure une entente prévoyant les nouvelles modalités de temps parental.

Il est généralement recommandé de faire homologuer cette entente afin qu'elle ait la même force qu'un jugement.

Les principales étapes d'une demande de relocalisation

  1. Évaluer le projet de déménagementDéterminer si le déménagement envisagé aura un impact important sur les modalités parentales.
  2. Donner le préavis requisLorsque la Loi sur le divorce s'applique, un préavis écrit doit généralement être transmis au moins 60 jours avant la date prévue du déménagement.
  3. Tenter de parvenir à une ententeLes parents peuvent convenir de nouvelles modalités de temps parental adaptées à la nouvelle réalité.
  4. Présenter une demande au tribunalEn l'absence d'entente, le tribunal décidera si la relocalisation doit être autorisée.
  5. Modifier les modalités parentalesSi la relocalisation est autorisée, le tribunal fixera généralement un nouveau calendrier de temps parental afin de préserver la relation entre l'enfant et chacun de ses parents.

Questions fréquentes

Puis-je déménager où je veux avec mon enfant?

Pas nécessairement. Si le déménagement a un impact important sur le temps parental ou la relation entre l'enfant et l'autre parent, il peut être nécessaire d'obtenir l'accord de celui-ci ou une décision du tribunal.

Est-ce la distance qui détermine s'il s'agit d'une relocalisation?

Non. Le facteur déterminant est l'impact du déménagement sur la vie de l'enfant et sur ses relations avec l'autre parent.

Le tribunal favorise-t-il automatiquement le parent qui a la résidence principale?

Non. Chaque dossier est analysé individuellement en fonction du meilleur intérêt de l'enfant.

Dois-je donner un préavis avant de déménager?

Dans les dossiers visés par la Loi sur le divorce, un préavis écrit d'au moins 60 jours est généralement requis lorsqu'il s'agit d'une relocalisation.

Qui paie les frais de déplacement après une relocalisation?

Il n'existe aucune règle automatique. Le tribunal peut répartir ces frais entre les parents selon les circonstances de chaque dossier.

After a separation or divorce, it is common for a parent to wish to move — to be closer to family, accept a new job, pursue studies, or start a new chapter of life.

However, when a child is involved, a significant move cannot always be decided unilaterally.

If the planned move is likely to have a significant impact on the other parent's parenting time or on the child's relationship with that parent, it may constitute a relocation within the meaning of the Divorce Act or require the court's intervention.

What is a relocation?

A relocation does not depend solely on the distance involved.

It is a move that will have a significant impact on the child's life, notably on:

  • their parenting time;
  • their relationship with the other parent;
  • their schooling;
  • their activities;
  • their ties to their extended family;
  • their way of life.

A move of only a few dozen kilometres may sometimes constitute a relocation, while a more distant move may not have a significant impact, depending on the circumstances.

Can a parent move freely?

Yes... but not necessarily with the child.

Each parent remains free to choose where they live.

However, when a parent wishes to move with the child and that move will significantly alter the parenting time arrangements or the relationship between the child and the other parent, specific rules apply.

In many situations, the other parent's consent or a court decision will be necessary before the relocation can take place.

The child's best interests remain the only criterion

As with all decisions concerning children, the court does not seek to determine what is best for the parents.

The only question is:

Is this relocation in the child's best interests?

Every file is unique.

The court does not automatically favour either the parent who wishes to move or the one who opposes it.

The factors reviewed by the court

When deciding whether to authorize a relocation, the court may notably consider:

  • the child's needs;
  • their age;
  • their bonds with each parent;
  • the quality of the parent-child relationship;
  • their adjustment to their current living environment;
  • their school;
  • their activities;
  • their extended family;
  • the reasons for the move;
  • the benefits the relocation would provide to the child;
  • the possibility of maintaining a meaningful relationship with the other parent;
  • the costs and logistics of travel;
  • the proposed new parenting time schedule;
  • each parent's ability to foster the child's relationship with the other parent.

None of these factors is determinative on its own.

The court assesses the overall situation to determine what will best serve the child's interests.

Reasons for the move

The parent who wishes to move may have many legitimate reasons, for example:

  • a new job offer;
  • better financial conditions;
  • returning to school;
  • proximity to family;
  • a new romantic relationship;
  • a lower cost of living;
  • a better environment in which to raise the child.

The fact that a parent wishes to improve their quality of life does not, however, guarantee that the court will authorize the relocation.

The question always remains whether the change is in the child's best interests.

Maintaining ties with the other parent

The court will place particular importance on maintaining a meaningful relationship between the child and each parent.

When a relocation is authorized, parenting time arrangements are often entirely reorganized.

For example:

  • longer periods during vacations;
  • all or part of school breaks;
  • regular video calls;
  • a different split of the Christmas and summer holiday periods.

The court may also apportion travel costs between the parents.

Notice of relocation

When an order is made under the Divorce Act, the parent wishing to relocate must generally provide written notice at least 60 days before the planned move.

This notice must notably indicate:

  • the planned date of the move;
  • the new address;
  • the contact information for the new residence;
  • a proposal for new parenting time arrangements.

A parent who opposes the relocation generally has 30 days to file an objection in accordance with the procedures set out by law.

Can you move before the court makes its decision?

As a general rule, when an objection is filed, it is preferable to wait for a decision before moving with the child.

A move made without following the applicable rules, or contrary to a judgment, can have significant consequences when the file is reviewed.

What happens if the parents agree?

When both parents consent to the move, they can enter into an agreement setting out the new parenting time arrangements.

It is generally recommended to have this agreement ratified so that it carries the same force as a judgment.

The key steps of a relocation request

  1. Assessing the planned moveDetermining whether the planned move will have a significant impact on parenting arrangements.
  2. Giving the required noticeWhen the Divorce Act applies, written notice must generally be given at least 60 days before the planned date of the move.
  3. Attempting to reach an agreementParents may agree on new parenting time arrangements suited to the new reality.
  4. Filing a request with the courtFailing an agreement, the court will decide whether the relocation should be authorized.
  5. Modifying parenting arrangementsIf the relocation is authorized, the court will generally set a new parenting time schedule to preserve the relationship between the child and each parent.

Frequently asked questions

Can I move wherever I want with my child?

Not necessarily. If the move has a significant impact on parenting time or on the relationship between the child and the other parent, that parent's consent or a court decision may be required.

Does distance determine whether a move is a relocation?

No. The determining factor is the impact of the move on the child's life and on their relationship with the other parent.

Does the court automatically favour the parent with primary residence?

No. Each file is assessed individually based on the child's best interests.

Do I need to give notice before moving?

In files governed by the Divorce Act, written notice of at least 60 days is generally required when it is a relocation.

Who pays travel costs after a relocation?

There is no automatic rule. The court may apportion these costs between the parents based on the circumstances of each file.

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